Il était une fois...
la Solidarité
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Il était une fois… la Solidarité.
La Saint-Vincent tournante est née de la solidarité entre vignerons. Créée dès 1938 par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, elle-même jaillie dans les années Trente des entrailles d’un caveau de Nuits-Saint-Georges, cette grande fête perpétue les valeurs bourguignonnes de qualité, de convivialité et d’entraide.
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Des chevaliers au service du vin de Bourgogne
Une épopée des vins de Bourgogne. Au lendemain de la guerre 1914-1918, et jusqu’au début des années Trente, les Bourguignons travaillaient leurs vignes, élaboraient les vins dans un souci de qualité digne de celle de leurs terroirs dont ils étaient heureux et fiers. Mais loin de toute idée de promotion. La Bourgogne avait terroir et savoir-faire sans se préoccuper de le faire savoir. La « réclame » n’est pas dans le tempérament bourguignon. Pourtant, la crise économique des années 30 lui rappela cette nécessité. En 1934, dans un caveau de Nuits-Saint-Georges, quelques personnalités se retrouvèrent avec la volonté d’agir, de ne pas se laisser aller au marasme. C’était la période de développement des moyens de transport, les balbutiements de ce que l’on allait appeler la société des loisirs. Dans ce petit caveau nuiton, l’idée germa de faire venir les gens, pour leur faire goûter les vins de Bourgogne autour d’un bon repas : n’en deviendraient-ils pas les meilleurs ambassadeurs ? La Confrérie des Chevaliers du Tastevin était née.
Depuis, ces repas sont devenus des Chapitres et ont pris place au Château du Clos de Vougeot, dans le magnifique cellier construit par les cisterciens, les célèbres moines vignerons. La Confrérie des Chevaliers du Tastevin œuvre toujours à faire reconnaître les vins de Bourgogne parmi les meilleurs jusque sur la scène mondiale, intronisant en son sein des ardents défenseurs des vins de Bourgogne.
En 1938, la Confrérie créait la Saint-Vincent tournante, comme un hommage annuel au travail des vignerons et une invitation à partager l’amour de leur métier.
La Saint-Vincent Tournante :
une fête de la solidarité
Cette fête s’appuie sur les sociétés de secours mutuel, nées pour la plupart au 19ème siècle. Dans chaque village viticole bourguignon, une société de Saint-Vincent rassemblait les vignerons de la commune qui s‘engageaient ainsi à aider leurs membres dans le besoin, malades ou accidentés : à leur place, ils effectuaient le travail dans les vignes ou dans la cave. Une sécurité sociale avant l’heure !
Ces sociétés existent toujours et se mobilisent en cas de nécessité. Mais aussi, elles continuent chaque année à fêter Saint Vincent, le 22 janvier : au sein de chaque village, les vignerons se retrouvent pour rendre hommage à leur saint patron dont ils promènent fièrement la statue dans les rues.
Avec la Saint-Vincent tournante, les Chevaliers du Tastevin ont renforcé la solidarité et ont agrandi la fête. Depuis 1938, le week-end suivant ce 22 janvier, des représentants de toutes les associations de secours mutuel de Bourgogne (plus de 80) se rassemblent pour célébrer ensemble cérémonies et réjouissances traditionnelles. Auparavant, la statue du Saint Vincent « tournait » seulement d’année en année dans chaque village au sein des familles de vignerons. Désormais, la fête de la Saint-Vincent Tournante « tourne » dans un village d’accueil, différent chaque année, qui reçoit toute la famille viticole de Bourgogne réunie ! Une tradition immuable (sauf pendant les années de guerre) depuis 1938.
Mais une autre tradition existe en Bourgogne : celle de l’accueil. Le grand public est donc invité à prendre part à la fête. Et en particulier, des dégustations lui sont proposées par les producteurs du village qui reçoit la manifestation, des producteurs heureux et fiers de faire partager le fruit de leur travail. Ils reprennent ainsi l’adage qui a présidé à la création de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin : « Invitons nos amis à boire nos vins avec nous ».
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